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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 01:00

Oh, je sens de la tension dans cette pièce, Emma me semble de bien mauvaise humeur, je me demande bien pourquoi…
Mais où sommes nous, beau bureau, lambris et petits maîtres au mur, rien à voir avec la chambre de bonne de Bruno…
Et cette femme, waouh, je comprends l’attitude d’Emma maintenant !
Bas de soie, au crissement je peux vous le dire, soie et pas nylon ; je suis malheureusement situé trop haut pour juger de l’existence ou non d’un porte-jarretelles, désolé.

« Une édition de cette époque en un volume, c’est extraordinaire, j’ai besoin de quelques jours pour l’expertiser mais si elle est vrai, on peut en espérer 8 000 à 10 000 euros  dit-elle, cette belle femme que je ne connais pas. Ah, mais oui, c’est l’expert Maître Coline ! »
Bruno est subjugué, muet avec un regard un peu trop bas pour être décent…Emma, n’en pouvant plus, lui donne un coup de coude, ce qui entraîne sa chute par terre à la suite de quoi Maître Coline, pleine de compassion, se penche vers lui et en le touchant lui demande s’il n’a rien. Conclusion, il se relève encore plus rouge qu’il n’était et bredouille «oui, bon, parfait, d’accord, super, euh…bon !»
Moi, je n’ai rien vu mais à son comportement, je dirais porte-jarretelles…

Emma décide de prendre les choses en mains, si je peux dire, et règle l’affaire en 30 secondes, ils repasseront dans 48 heures pour le résultat de l’expertise. Elle saisit fermement le bras de Bruno, qui affiche quand à lui un sourire parfaitement niais, et ils franchissent tous 2 la porte nous laissant seuls, enfin…

Trop vite dit, voilà un homme qui rentre maintenant, me faudrait un peu de calme, fatigué moi…
- Alors, Mlle Grimaldi, quoi de neuf ce matin ?
- Rien de spécial, Monsieur Coline, une troisième édition linotype fin 19éme d’un livre sans beaucoup d’intérêt, « L'Art de jouir ».
Dès Coline sortit, Grimaldi saisit son téléphone :
- Monsieur Grossous, j’ai vu l’objet, édition en 1 exemplaire en relatif  bon état, vraiment exceptionnel !

- Absolument, 30 000 euros comme prévu, par contre je vois envoie un jeune homme avec qui vous devrez négocier entre 8 000 et 10 000, vous me verserez le complément comme prévu.

- Au revoir, monsieur Grossous, à bientôt - dit-elle en gloussant et en enchaînant sans temps mort, composant un autre numéro.
- Bruno, Mlle Grimaldi, j’ai un client, nous pouvons nous voir demain pour en parler si vous le voulez ?

- Chez moi plutôt, vers 16 heures, vous connaissez l’adresse ?

- A demain, j’ai hâte d’y être - finit-elle d’une voix enjôleuse.


Alors là, j’en reste sur le Mors. Quelle salope ! Voyons, que pourrais-je faire pour contrecarrer son plan diabolique…

 Bon, me voilà chez la Grimaldi, que j’avais prise au début pour Coline, qui était en fait son patron ; tout ça parce ce que je rêvais à l’inventeur de mon contenu…tout le monde a suivi ?
Nous avons peu de temps, Bruno va arriver, mais laissez moi tout de même vous raconter ce qui s’est passé ce matin…
J’ai eu l’occasion de voir un « jouet » extraordinaire, qui accouplé à une petite boîte jouant de la musique, vibre au rythme de cette même musique !
Alors là, je ne vous raconte pas ce que l’héroïne de mon histoire aurait pu faire avec…remarquez, cela aurait réduit singulièrement le nombre de personnages du roman !
On peut dire que la Grimaldi a été assidue à la tache, elle appelle ça son « échauffeur »… je trouve incroyable le temps que fonctionne la petite boîte qu’elle nomme MP3 !
Elle ne sait pas que son répondeur a enregistré une partie de son « échauffement » à cause d’un geste malencontreux de ma part, je suis tombé sur le bouton « Mémo ».
Pourquoi me direz vous… approchez je vais vous le murmurer à l’oreille…
Mais attendez, on sonne à la porte, c’est sûrement Bruno…

Elle a mis le paquet la Grimaldi, déshabillé qui porte bien son nom, ensemble La Perla en soie blanche, bain aux effluves de lavande et d’amandes douces ; sans compter le coiffeur et l’esthéticienne ce matin avant l’échauffement…une journée bien remplie et qui n’est pas finie !
En face, Bruno a l’air bien vulnérable. Pourtant, il a fait un effort visible : pantalon et chemise de bonne qualité, pull en laine vierge, rasé de près.
Voyons un peu la méthode de la Grimaldi pour le dévorer.
Technique de soufflage sur l’oreille en susurrant quelques mots lors du baiser d’accueil sur la joue ! Classique mais efficace …

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 09:00

Douillettement installé dans ses bras, je me repose le dos lorsque je suis pris, sans ménagement, par une paire de mains froides qui ne me disent rien qui vaille.

« Mme Bovary, mœurs de Province…j’espère que tu n’as pas encore dépensé une fortune dans un vieux livre alors qu’il existe des éditions de poche si pratiques et tellement bon marché ! »

Bruno lui répond en levant les yeux au ciel :

« Ce livre est une première édition, il vaut une fortune et je… »

« D’accord, d’accord et si tu venais m’embrasser plutôt. » l’interrompt Emma en le trainant vers la chambre.

 

Voilà bien un comportement typiquement humain.
Ils vous aiment, vous chérissent, sont près à tout pour que vous soyez à eux puis, un mirage passe, sous la forme d’un jupon ou d’un crapaud, et hop vous n’existez plus !
Puisque c’est comme ça…
« Nom de Dieu ! » s’écrie Bruno.
« Quoi, c’est si bon que ça ! » Lui répond Emma juste avant qu’il ne se précipite vers le radiateur et n’enlève le Bovary de celui-ci.
« Mais comment il a pu tomber sur le radiateur » hurle t-il avant de constater de visu qu’une page a eu le temps de devenir maronnasse.
Bon, pour la bagatelle je repasserai se dit Emma en regardant ses doigts.
« Purée, y avait déjà un grignotage de souris sur 2 pages, sans compter la page de titre arrachée ; maintenant nous avons une page maronnasse… »
« Ce n’est pas grave, minou, on pourrait reprendre notre conversation là où elle s’est arrêtée.» dit-elle en lui caressant, du genou vers l’aine, la cuisse.


« Non, non, je ne le quitte plus de l’œil, d’ailleurs je vais de ce pas chez l’expert, Maître Coline, pour estimer son prix et voir s’il connaît des personnes intéressés, mais je le mettrais sûrement à Drouot ou à Christie's. C’est la seule édition de cette époque en un volume, peut être un exemplaire unique, elle doit valoir une fortune !»
Encore un cupide, faudra faire avec, en tout cas je lui ai rivé son clou à cette gourgandine…

Pourtant, je ne reproche rien aux femmes. D’ailleurs, j’ai, le plus souvent, été lu par des femmes, à ma grande satisfaction car les hommes préfèrent – quelle horreur – plutôt qu’utiliser un marque-pages, corner ces dernières. Ils sont plus distraits également et perdent facilement ce qu’ils ne désirent pas.

Quoique, je me rappelle d’une femme en Inde qui se pâmait en me lisant mais m’a lâchement abandonné lors d’un voyage en dehors de l’enclave du quartier français de Pondichéry.

Nos voyagions en famille, ma lectrice, son mari, son enfant - dangereux personnage qui m’avait déjà arraché une page - et moi.
Après un voyage épuisant, son mari au travail et son enfant entre les mains d’une domestique, ma lectrice assidue m’emmena faire une ballade…
Toute à sa lecture, elle ne vit pas arriver Sneha, une Balmiki (communauté de ramasseurs d’ordures faisant partie de la caste des dalits - plus connue en France sous le nom d’intouchables) mais l’odeur lui fit relever la tête quand elle arriva à son niveau ; elle fut épouvantée de voir les excréments humains s’écouler de la boite en fer blanc, que maintenait Sneha sur sa tête, et qui maculait maintenant son visage! Ma lectrice me lâcha et s’enfuit en courant…
A une distance respectueuse, une porteuse d’eau insulta notre Sneha en lui rappelant qu’elle devait faire du bruit pour prévenir de son passage et ainsi éviter à quiconque de la croiser, elle qui payait ses mauvaises actions passées!
J’ai d’ailleurs appris, en conversant avec un magazine appelé « courrier international », que cette pratique perdurait toujours…

Sneha baissa la tête mais, subrepticement, me fit disparaître dans les plis de son habit. Après être rentrée au village et s’être nourris des restes laissés par les villageois par terre dans deux gamelles identiques - une pour elle, une pour les chiens errants - elle se roula dans un coin et me caressa. La nuit noire et sa méconnaissance du français ne lui permettait pas de me lire mais ce fût néanmoins une nuit très agréable pour moi…
Rapidement elle me vendit pour quelques roupies à un touriste français qui osa s’approcher d’elle mais sa compagnie, empreinte d’un respectueux silence, me toucha…

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 16:34

Les hivers sont là, le mien et celui des saisons, et je suis fatigué d’être tripoté et reposé sans ménagement…mais attendez, voilà un jeune homme qui s’arrête à ma hauteur, il n’est pas comme les autres, je le vois.
Délaissant les beaux livres, à la couverture flamboyante et au papier blanc, qui ne sentent que l’encre, il se penche vers moi, doucement m’effleure puis délicatement me prend dans ses bras. D’un geste gracieux il tourne les pages et pénètre en moi ; il me lit, enfin …

Puis, il devient nerveux, fébrilement il cherche dans ses poches de quoi me posséder nuit et jour, disposer de moins comme bon lui semble, selon son désir…Il me veut !
Aprement, il s’accroche au brocanteur, le pousse dans ses retranchements pour que le prix descende au niveau du contenu de sa poche. Son désir me brûle.
Il m’arrache au froid mordant de l’étagère pour rejoindre sa poche douillette que je suis seul à remplir maintenant.
Lui par contre a froid, il tremble, je soupçonne que l’argent dépensé était celui de son repas, sa main m’a rejointe dans la poche et me caresse.
Je ne me sens plus si vieux et l’avenir me sourit, après tout je n’ai vu le jour qu’en 1857.

Alléchés par l’allure fragile de mon nouveau propriétaire, deux malandrins lui sautent alors dessus pour le dépouiller. Déçus de constater que la main dans la poche ne protège pas de l’argent mais un livre, ils me jettent sans l’ombre d’un regard !

 

Pataugeant dans l’eau, je me souviens d’une époque pas si lointaine où mon existence était pareillement menacée ; mais par le feu cette fois ci.
Le feu, c’est la destruction totale, une fin atroce, pire que le pilon, ce qui n’est pas peu dire…
J’étais alors la possession d’une jeune fille qui me caressait souvent en me lisant, existence paisible et agréable dans une sorte de cocon mais sans passion…
La passion arriva par l’intrusion de sauvages qui après avoir détruit tout ce qui pouvait l’être, emmenèrent la jeune fille, que je ne revis jamais, et ses parents.
Ces sauvages revinrent le lendemain, nous rassemblèrent tous et nous emportèrent…
Je sentais la chaleur de l’immense brasier installé au centre de la rue, la peur s’installa en moi, je demande à mon voisin - pourquoi font-ils ça ? – il tourne quelques pages comme les humains haussent les épaules. Il a l’air si calme que je ne peux m’empêcher de lire son titre ; bien sûr, de la philosophie…
Je le vois s’élever, tournoyant, avant de sombrer au milieu du feu sans une plainte. Une main d’enfant me saisit, hésite, me regarde furtivement, puis m’engouffre dans sa poche ; j’ai eu chaud…
Après un petit somme, je me suis réveillé à côté de livres particulièrement déplaisants ; dogmes, certitudes, contraintes, voilà ce qu’ils prônaient, la lie de la littérature !
Le pire, c’est que la couverture de l’un d’eux m’entoure, me protège m’a certifié mon nouveau propriétaire, son titre « Mein Kampf »…C’est un livre obligatoire dans tous les foyers mais jamais personne ne le lit, la cachette idéale !
Je ne comprends pas comment la couverture d’un livre aussi déplaisant peut me protéger mais bon… je me bouche le nez et attends la nuit, moment où cet enfant résiste à sa façon, en me lisant…

Mais revenons au présent, le jeune homme s’est relevé, encore en plus piteux état que moi ; ce qui ne l’empêche pas de m’essuyer et d’éponger, avec sa manche, le maximum d’eau possible de mes pages.
Rentrant chez lui, il allume son radiateur à bain d’huile ; en attendant qu’il chauffe, il me souffle délicatement dessus, comme une brise matinale à la fin d’un soir d’été…

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