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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 11:16

Triste sort d'être proie de Maître rat,

Cet animal bien gras suce la moelle,

La balance ira dans son mauvais sens,

Car on le juge toujours dans son bon droit,

Si vous devez 1 sou, vous en payerez 2,

S'il vous en saisit 10, c'est une "simple" erreur,

Et si vous récupérez 7, vous serez chanceux.

 

Maitresse hyène bien sûr,

En apparence tout du moins,

Peut vous porter assistance,

Cela vous coutera 5 sous,

Pour ne pas en payer 1,

Puis elle ira boire un verre,

En rigolant à votre santé,

Avec Maître vautour,

Qui préfèrent les morts,

Et qui trouve qu'entre charognards,

On doit se serrer les griffes.

 

Les frais du rat,

Même puants,

Sont par nature justifiés,

Les honoraires de hyène,

Même imaginaires,

Doivent être payés.

De report en report,

La carcasse est désossée,

Il faut bien qu'ils mangent.

 

Mais c'est avec le malade,

Que les Maîtres seront sans pitié,

Histoire de s'amuser un peu,

Et puis il pourront ainsi,

Le refiler au vautour.

 

Il n'y a pas de petit actes,

Il suffit de les multiplier,

Pour s'engraisser à loisir,

Sur le dos du pigeon,

Qui de charognard en charognard,

N'arrêtera pas d'attendre,

La fin de ce pitoyable cirque,

Que l'on appelle justice,

Et qui protège pourtant,

Des monopoles qui tuent,

Cette notion même.

 

Comble d'insanités,

En cas de conflit,

C'est un autre Maître,

Qui mesure la raison,

Et, ô hasard,

Le Maître est l'étalon...

 

Ce vol organisé,

Volontairement aveugle,

Après 10 sous d'honoraires,

Et 5 de frais,

Vous fera l'aumône,

Si sa majesté des mouches,

Est de bonne humeur,

De 7 sous payés par un autre pigeon,

Faut bien laisser croire,

Que justice existe.

 

Cette vache à lait,

Est certes profitable,

A la bavarde hyène,

Au rat grignoteur d'actes,

A la mouche qui se croit reine,

Au vautour qui se repaît des restes,

Mais d'autres charognards,

Tapis dans l'ombre,

Susurrent aux pauvres pigeons,

De couper ces vilaines têtes,

Afin de voir la lumière.

 

Si "la veuve "se réveille,

La sciure deviendra rouge.

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 07:14

La douleur le taraude, il a froid, il ne peut plus résister à cette vague qui l’emporte loin, si loin…il ne peut rien, lui ce garçon si convenable, face à l’inéluctable mort qui le frappera en ce premier jour de printemps 2044. Dans sa nouvelle vie, la première chose qu’il pense en son âme dépouillée est Vishnou...puis il se retrouve dans un couloir étroit, glacial, rempli de morts qui se bousculent et au bout duquel on lui demande le formulaire b456. Il met du temps à répondre, on le pousse, on s’exclame :

-« Encore un jeune mort qui n’est pas passé par le 1200ème étage pour son formulaire, pfft… »

Bien sûr, les corps ne sont plus là, les bousculades ne sont que des courants d’âmes.

 

Perdu, il l’est assurément. Au moment où il indique, à une petite aura particulièrement déplaisante, qu’il est, où plutôt qu’il était corrige t-il immédiatement, écrivain, il entend une petite voix, fragile, vulnérable, asexuée, qui l’interpelle.

-« Vous ! » S’écrie-t-il, stupéfait mais la laissant tout de même s’infiltrer en lui. A ce moment précis, le sens de la phrase « La mort est toujours la même mais chacun meurt à sa façon » frappe de plein fouet son cœur à jamais solitaire.

-« Morte depuis 77 ans et pourtant si vivante, que faites vous ici ! » Quand il est lancé ainsi, sur des sujets importants et inépuisables, les mots s’enchaînent les uns aux autres et sa voix commence à chanter.

-« Pas besoin de choisir votre langue, pensez hindi, ourdou ou anglais selon votre souhait. » Lui répond-t-elle en précisant, souriante, alors qu’il regarde son poignet en pensée : « On m’a confié l’accueil des écrivains morts mais ici pas besoin d’horloge, même sans aiguilles.»

-« En tout cas, vous ne ressemblez pas au patron du café de New-York. » Répond-t-il du tac au tac.

 

-« Bon, voyons si vous méritez votre place à notre panthéon des écrivains » Commence-t-elle en fouillant sa paperasse… « Etiez-vous célèbre ? »

Là, son ego en prend un coup, il répond donc froidement :

-« Pas autant que vous mais j’avais mon petit succès ! » Mais, rien n’y fait, sa fugace rancune ne peut l’empêcher de voir, le coude posé sur un nuage, le regard attentif et pénétrant de sa bien-aimée l’irradier de lumière.

-« Je plaisante bien sûr, je mets un point d’honneur à travailler mes sujets. » Maintenant, il la voit comme une rani, travestissant le sens de sa phrase. Il se voit avec elle, escaladant, sous un grand soleil, un glacier aux reflets froids et pâles ; une même corde les tient attachés, ensemble…

-« J’ai adoré, plus encore que votre roman fleuve si célèbre, vos 338 pages de sonnets à la gloire de San Francisco ; cela m’a rappelé Pouchkine célébrant Saint-Pétersbourg dans Eugène Onéguine ! » Ce compliment rougeoie son cœur qu’il pense absent…

 

-« Puis-je choisir ici, de vivre près de vous et voir dans le reflet de votre accueil en or, un clin d’œil du destin qui serait là-dessous ? C’est pourquoi je demande, aimez- moi sans remord ! »

-« Voyant l’heure qui suit, en un instant fugace, me prenant pour Sita trônant dans son royaume, j’accepte votre amour que me tend votre paume, avant que Ravana, m’enlevant à vous, passe ! »

Alors, elle sourit puis s’efface en silence. Il la cherche ardemment, plus rien en lui ne pense. Où est-elle passée, sa Frankie adorée ? Elle est sa Saeeda, celle qui peut nourrir, toute soif d’absolu de son aura dorée.

Souffle venant du ciel, son corps vient de mourir !

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 09:57

-          Un enterrement montre les individus tels qu’ils sont.

-          Pourquoi tu dis cela, Emma ?

-          Parce que cela symbolise notre précarité. Un être que nous avons connu a vécu, il s’est manifesté à notre regard. Il emmagasinait un nombre considérable d’émotions, d’expériences et de capacités et là, en une fraction de seconde, son âme a disparu, son passé s’est évaporé et son avenir n’existe plus pfffft…

-          Ben, certains te diront que rien n’a disparu.

-          Connerie.

-          Tu sais, ce qui fait la valeur de la vie c’est aussi sa perte.

-          Ah oui…et si je mourrais demain, tu tiendrais toujours le même discours.

 

L’homme blêmit et quitta son air pontifiant.

-          Tu as eu des nouvelles de l’hôpital ?

-          Je vois que tu as quelques difficultés à harmoniser idées et réalités, dit-elle en souriant.

Reprenant un air sérieux, elle ajouta que le problème n’était pas l’hôpital mais leur couple et méthodiquement elle se mit à détruire son amant, à frapper là où ça fait mal…de plus en plus fort. Son travail de sape fini, elle quitta la table et sans même un salut, partit.

 

Emma rentra chez elle et s’endormit douillettement, soulagée et sans l’ombre d’un regret.

Sur la table trônait un papier où, dans des termes médicaux soigneusement choisis, l’hôpital lui annonçait que son enterrement aurait lieu dans les 6 mois.

 

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:27

Il était une fois, dans une forêt obscure, une jeune pousse émergeant, par chance, dans une clairière.

Des dizaines d’années plus tard, alors qu’elle était devenue grande, robuste, forte, en un mot arbre, des gens se sont présentés devant elle et se sont mis à l’entailler… « je ne plierais pas » dit l’arbre en les ignorant superbement. Il rompit avec grand fracas, emportant au passage une taupe sortant de son trou qui, sourde de naissance, n’entendit pas le cri bûcheronesque : « craquement !» 

 

Après Arbre, la jeune pousse devint Banc, du moins la petite fille de la 6ème génération de la branche gauche. Les autres furent respectivement table, salle à manger, bureau, livres et, suprême déchéance, prospectus publicitaires.

Séparé de sa famille, le banc se sentit très seule (e car petite fille, je le rappelle) et elle tenta de se rapprocher des autres bancs de son voisinage…malheureusement, l’impossibilité de se déplacer ne favorisait pas les rencontres. Si je ne peux chercher mon amour, l’amour viendra à moi se dit-elle et elle fit tout pour l’attirer.

 

Pendant un temps, il existait dans un certain parc, situé dans une certaine ville, un banc qui, mystérieusement, attirait irrésistiblement humains et animaux…tous y déposaient leurs marques, on y voyait des livres abandonnés et même des traces de dépit de pigeons, obligés de laisser la place. Ce banc rayonnait.

Un jour, un jeune homme s’y assit et le banc trembla…le jeune homme sursauta. Pensant rêver, il n’y fit plus attention mais ce tremblement (ainsi que le sursaut et, bizarrement, pas toujours dans le même ordre) fut là à chaque fois que les fesses du jeune homme touchaient, après plusieurs heures d’abstinences, le point gauche d’une latte du banc particulièrement sensible, familièrement appelée point G par cette dernière.

 

Des années s’écoulèrent et le jeune homme se trouva mille et une excuses pour ne pas déménager de sa ville, de son parc, de son banc…

Puis le banc s’écroula et le jeune homme devint vieux…un jour, sans rien dire à personne, il alla au parc, ramassa le banc, l’amena chez lui, alluma un feu dans sa cheminée et regarda le banc devenir cendres puis le vieil homme s’éteignit, tranquillement, dans la chaleur de son amour. La table vit alors, passant par la cheminée, deux jeunes fumées qui s’élevèrent dans le ciel, elle en devint bancale…

 

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 23:58

Paul était si sérieux à dix-sept ans que son père, militaire de carrière – capitaine d’infanterie pour être exact – en concevait quelques craintes…

Jamais il ne l’exprima à voix haute mais une question le taraudait fréquemment : son fils pourrait-il être homosexuel ?

Il ne connut jamais la réponse à cette question  car sa vie s’acheva brutalement le 20 octobre 1992. Normal pour un militaire me direz-vous mais la cause en fut pour le moins singulière ! En allant voir un nouveau film d’action au cinéma – Une saison en enfer – il s’endormit et mourut étouffé par son képi. Non, non, je ne plaisante pas…et si vous vous voulez vraiment tout savoir, c’est son secret qui l’a tué. Quel secret ? Je ne sais si je puis…bon d’accord, approchez vous un peu…les films d’action l’ennuyaient à mourir…mais bon un militaire vous comprenez, image oblige…

 

Cette fin originale eut pour effet de pousser Paul dans un travail acharné. Il terminait premier en tout et sa mère, pleine de fierté, compensait le ridicule de la mort de son mari grâce à son aîné prodige. Bien sûr, la jumelle dizygote de ce dernier, benjamine de quelques minutes, dépareillait dans le tableau ; préférant drogues et fêtes à l’étude,  elle était le « cancer » de sa mère.

Cancer qui finit par atteindre son bien-aimé fils puisque le 10 novembre, jour funeste par excellence, elle transmit le Sida à son frère. Nul ne doute que son père, obsédé par l’homosexualité, en aurait déduit l’inverse mais ce fut Christine, sa fille, qui, oubliant une seringue usagée dans le lit de son frère, provoqua le drame. Elle mourut quelques jours plus tard, le 18 décembre, d’une overdose dont on ne saura jamais si elle fut volontaire ou non.

Devant cette avalanche de drames, Paul prit une décision : il sera peintre.  Il dessinera les maux de la vie en donnant des couleurs aux voyelles ; il écrira ses tableaux ! Il était doué, la technique lui fut donc facile à acquérir mais il hésita longtemps entre impressionnisme et abstrait avant de faire son choix qui fut, comme vous le savez tous ici, particulièrement judicieux. Rappelez-vous son premier tableau représentant le « le noir corset velu des mouches » ou encore celui des deux trous si rouges…

 

Et quand sa mère, excédée par tant de lucidité (inutile de dire qu’elle ne le vit pas ainsi à l’époque), finit par lui dire :

-          Mais Paul, on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans !

Il répondit :

-          C’est vrai maman, mais demain j’en aurai dix-huit !

Et il partit, dès le lendemain, avec palettes, toiles, pinceaux et peintures, en Inde, pays coloré par excellence.

Intransigeant, il peignit inlassablement pendant trois ans puis, n’ayant plus rien à dire, il voyagea partout. Je vous conterais bien quelques anecdotes croustillantes mais je n’en ai ni le temps ni vraiment l’envie…sachez seulement qu’il mena la vie dure à sa maladie, ne s’arrêtant qu’harassé de fatigue !

Il l’ignora aussi longtemps qu’il put ; elle le rattrapa il y a quelques jours, le 10 novembre2011, fêtant bien tristement sa venue en lui.

 

 Il fut un grand peintre et un merveilleux ami. En tant que meilleur ami du défunt, je voudrais finir l’éloge de Paul, mort bien trop jeune dans sa 37ème année, en le conjurant d’emmener avec lui sa palette pour repeindre le ciel qui en a bien besoin.

Salut Paul et à bientôt, peut être…

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 10:21

Dans la ferme, le silence règne.

Les hommes et les animaux sont tous silencieux devant l’énormité de la nouvelle : la révolution des légumes a commencé.

Entraînés par la fougue et la vivacité des tomates, les légumes, amenant toutes les plantes avec eux, sauf les fleurs qui ne voulaient pas voir leur beauté faner, se sont mis en tête de diriger de monde et, pour se faire, emploient le seul moyen à leur disposition : le chantage. En effet, en l’absence de pourparlers immédiats, ils refusent tout bonnement toute pénétration d’eau en leur sein !

 

Dans un premier temps, les fermiers rigolèrent et les vaches beuglèrent mais lorsque le maïs sécha sur pieds et que l’herbe jaunit, les rires prirent la même teinte…on tenta l’impossible mais même en immergeant les légumes dans l’eau, celle-ci ne pénétrait pas ; l’affaire fut donc confiée aux scientifiques.

De nombreuses hypothèses furent avancées…pour les uns, il y avait manipulation génétique des légumes, pour les autres ces derniers avaient passé une alliance avec l’eau qui, elle seule, avait la capacité à se modifier en profondeur, pour d’autres encore, cela ne pouvait être que le réchauffement planétaire le responsable et les légumes n’étaient que des simulateurs et des profiteurs.

 

Après un mois de vif débat et l’installation de la famine, la stérilité des solutions poussa sur le devant de la scène les militaires qui furent d’avis de brûler les renégats et de planter des légumes plus dociles. La première phase de l’opération fut un succès total et les militaires se pavanèrent  mais quand on passa au replantage et que pas un légume ne poussa, les militaires firent un rapport  de 350 pages en 3 exemplaires disant, en substance, que cette conclusion était imprévisible…

Les politiques, acculés, prirent une décision : la création immédiate d’une commission d’experts ; satisfaits, ils allèrent déjeuner la conscience tranquille.

Quelques 200 repas plus tard, repus, les spécialistes furent d’avis que la situation était anormale et méritait une étude approfondie. A ce moment là, bien entendu, plus aucun légume n’était visible sur terre, ils attendaient souterrainement…

 

Certains politiques virent alors une occasion de prendre le pouvoir en fournissant au peuple affamé un bouc émissaire : les fleurs ; Les légumes c’est tellement bon et les fleurs c’est périssable...

Les fleurs avaient perverti les légumes et devaient toutes, sans exception, être exterminées.

Les campagnes se mirent à ressembler à des territoires lunaires.

Un ministère aux affaires florales fut crée, et des lois interdirent les fleurs en tout lieu et en toutes circonstances ; ces lois furent sévèrement appliquées par une milice.

Les fleurs en voie d’extinction, les légumes ne devinrent pas plus réceptifs à l’eau pour autant…les politiques, se rappelant alors le goût du jus de tomates, se vendirent aux légumes pour une soupe.

 

Toutes leurs exigences furent acceptées, y compris la fourniture d’esclaves humains.

Les politiques, la larme à l’œil, jurèrent leurs grands dieux que l’on ne pouvait pas faire autrement…que c’était la mondialisation la responsable…que ceux qui sacrifiaient leurs enfants étaient des héros mais peu d’entre eux le fit ; à part ceux qui voulaient se débarrasser des leurs bien sûr…  

Ce matin là, dans le silence criant, les futurs esclaves marchent vers leurs destins.

Les tomates, arguant de leurs rôles prépondérant dans la révolution, avaient pris les postes directoriaux ; il y eut même une guerre civile entre les plus rondes, les plus juteuses, les plus rouges ou les plus grosses pour décider des qualités prépondérantes – qualités bizarrement basées sur des critères humains – mais, pendant un temps, ce fut purée de tomates à foison !

 

La guerre avait pris fin, à la grande désolation des humains, et les esclaves avancent maintenant entre deux rangées de tomates d’élite. C’est alors que l’un d’entre eux secoue la tête et dit « Non ! » en se mettant à piétiner les grosses tomates rouges et juteuses sous les yeux ébahis de ses compatriotes…la résistance naquit ce jour malgré la mort rapide de son précurseur qui, étouffé de jus, en devint rouge tomate…

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:24

Une effervescence inhabituelle régnait au conseil d’administration ce jour…la nouvelle avait traversait tous les niveaux de la société pour arriver dans la salle feutrée et lambrissée de chêne du dernier étage, comme une promesse d’orage.

Le PDG chantonnait dans les couloirs, le PDG était amoureux, le PDG était heureux…en un mot c’était catastrophique et tous les membres du conseil, bien garnis d’actions, tremblaient à l’idée que le marché pourrait avoir vent de l’affaire.

 

Bien sûr, certains membres se voulaient rassurants. C’est lié à la nouvelle cible 15/25 ans de la dernière campagne publicitaire, un PDG amoureux nous rend jeune…rappelez vous il s’est mis avec la top model lorsque nous avons ciblé les 25/35 et avec l’actrice pour la ménagère de moins de 50 ans…mais le chantonnement inquiétait énormément, sans compter qu’un espion du conseil l’avait surpris… souriant tout seul !

A cette dernière nouvelle, un cabinet de crise fut, sur le champ, crée.

Ce qu’il découvrit, atterra tous les membres du conseil…le PDG était devenu altruiste…non de manière désordonnée, en fin de compte profitable aux matérialistes en tant qu’exemple négatif, mais de façon réfléchie, cohérente avec des objectifs clairement visibles, même pour eux. Les portefeuilles de nos gros actionnaires en tremblaient de peur.

 

- Il est devenu malade éructa M. Contblé…s’il continue comme ça, je ne pourrais même plus m’acheter ma 8ème résidence. Tout ça pour accorder des privilèges à quelques assistés, pffffffffffffft… continua t-il, lui qui, grâce à sa famille, trônait dans de nombreux conseils d’administration où sa plus grande contribution fût d’avoir éteint la lumière une fois lorsqu’il quitta les lieux le dernier après s’être endormi.

- C’est plus grave que cela, martela M. Gratsou. Il va créer un précédent qui risque de prouver son efficacité et montrer notre inutilité économique, pour ne pas dire plus.

- On pourrait peut être faire agir nos amis politiques pour nous protéger de ce genre de dérive inadmissible, asséna alors le plus « libéral » d’entre eux…

 

A ce moment là tous les administrateurs pensaient ceci : Sans parler qu’il risque de révéler le traitement curatif que nos chercheurs ont trouvé, par hasard, contre le  SIDA ; ce qui assécherait la vache à lait de nos traitements à vie…sans parler des « accidents » de chercheurs récalcitrants qui pourraient ternir l’image du groupe et donc inquiéter les fonds de pension.

Ce soir là, il y a maintenant une semaine, à l’unanimité du conseil, il fut décidé de l’éloignement définitif de la fiancée ; le travail fut fait promptement…on ne l’avait plus vue depuis cinq jours…

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 11:19

Il était une fois une maman et un papa qui s’aimaient et leur amour monta si haut, brilla si fort qu’il illumina le ciel et apporta la chaleur : le soleil était né.

 

Tout le monde trouva très pratique de voir et d’avoir chaud, alors les humains se mirent à s’aimer, même parfois entre mamans ou entre papas, et à envoyer des feux d’amour dans le ciel ; le soleil se mit à grandir, à grandir de plus en plus.

 

Reconnaissant, il voulu faire plaisir aux humains et créa des messagers d’amour. Depuis ce temps là, le ciel est rempli d’étoiles.

 

Lorsqu’un feu d’amour rencontre une étoile, un enfant né…

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 23:37

Un soir, une maman désespérée entra dans la chambre de son méchant petit garçon. Dehors régnait la tempête mais les éléments déchaînés ne semblaient n’avoir aucune prise sur elle, alors qu’ils terrifiaient le petit garçon…

La maman ouvrit le livre qu’elle avait apporté pour lire une histoire à son petit garçon. Elle resta pensive un instant, le livre ouvert sur ses genoux, pendant que dehors gémissements, bruits violents et insolites se multipliaient, puis en le fermant elle dit : « Non, je vais te conter la naissance du Père Noël… »

 

Le petit garçon, intrigué, leva un œil car après tout il avait commandé un vélo à ce gros monsieur.

« Il était une fois le dur parcours d’une goutte de pluie » commença t-elle dans un soudain calme extérieur qui impressionna le petit garçon.

« Après avoir été brûlée par le soleil, elle monta au ciel et dut se frayer un chemin parmi les nuages surchargés de ses semblables. Elle le fit sans heurt et avec dignité en se calant dans le cocon douillet d’un cumulus qui passait par là.

Lorsqu’elle se décida à parcourir le monde, le froid régnant en maître à cette époque, elle se transforma en flocon de neige et virevolta, un temps, dans le ciel. »

A ce moment là, le petit garçon vit qu’il neigeait dehors et, en suivant les petits points blancs dans le ciel, trouva cela très beau.

 

« Vivant son existence de flocon, il finit par atterrir sur le sol mais à un endroit spécial…bon, je te raconterai la suite demain… »

Là, le petit garçon était bien embêté…d’un côté, il ne pouvait décemment pas admettre qu’il voulait connaître la fin de l’histoire mais de l’autre, il voulait vraiment la connaître ! Il transigea donc et opta pour un : « Peuh, demain on n’aura pas le temps… »

 

Sa maman lui tourna le dos un instant, sourit, puis, reprenant un visage sérieux, lui fit face et continua :

« Une feuille égarée de l’automne, d’un rouge éclatant, reposait sur le sol et, comme par miracle, sans que l’on sache si c’était la feuille qui repoussait les flocons ou si c’était les flocons qui évitaient la feuille, cette dernière était vierge de neige. Quand notre flocon arriva, il fut clair pour tous les esprits environnants qu’un couple allait naître... et le premier témoin de cette naissance fut un renne qui paissait. »

 

« Et alors, et alors… » ne put s’empêcher de crier, impatient, le petit garçon.

 

« Et alors, quand le flocon embrassa la feuille dans un éclair lumineux, un petit garçon, revêtu du blanc de son père et du rouge de sa mère, naquit dans une forêt près d’un renne. Devenu grand, il décida de donner un morceau de ce moment magique à tous les enfants du monde au moins une fois par an... »

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 12:07

En revenant de mon footing, trempé de sueur, la poisse me tombe dessus sous la forme d’un tandem d’intrus patibulaires en jeans et baskets :

-« Monsieur Berthaud ? »

-« C’est à quel sujet ? »

-« Police, on peut entrer deux minutes ? »

-« Essuyez vos pieds !» Dis-je au plus jeune, qui avait quasiment une salade entière sur ses semelles.

A ma grande surprise, il obéit sans rechigner. Pas très bon signe tout ça…  

Dix minutes plus tard, nous avons tous des cafés à la main, mes « invités » ayant refusé les bières que je leurs avais proposées ; ma main tremble maintenant et ma sueur coule toujours.

Le plus vieux s’adresse à moi :

-« Monsieur Berthaud, les analyses d’ADN que nous avons pratiquées sur l’ensemble de votre famille sont revenues et vous disculpent tous du meurtre de Paul Trébot. De plus, son compagnon survivant, maintenant réveillé, confirme l’identité du principal suspect ; cette affaire est close vous concernant. »

-« Tout cela est parfait mais n’explique pas vos mines d’enterrement…qui est mort ? Euh, à part Monsieur Trébot bien sûr… »

-« Monsieur Berthaud, lors des analyses, une chose curieuse est apparue et nous avons décidé de vous en faire part. »

-« Si c’est une maladie, vous pouvez la garder ! » Lui retourné-je en esquissant un sourire.

-« Désolé d’être aussi brutal mais votre père n’est pas votre père ! »

-« Quoi ! »

-« Il y a plus grave, votre père biologique  a un lien de parenté avec vous autre que celui de géniteur ; pour tout vous dire, il a surtout un lien de parenté avec votre mère…c’est son père en fait, dit-il en baissant les yeux. Nous avons décidé de vous en parler car, malheureusement, légalement nous ne pouvons plus rien faire à cause de la prescription. »

Après quelques insultes à l’égard des messagers de cette aberrante nouvelle, je deviens silencieux en ruminant mon désarroi.  

-« Très bien, clamé-je au bout d’un moment interminable, merci d’être passés Messieurs, j’ai d’autres choses à faire maintenant ! »

Je les vois hésiter mais ils finissent par se lever et me suivre vers la sortie. La porte se referme lentement sur mon désespoir.

Pas question d’accepter ça sans réagir, pensé-je en attrapant mon blouson. Je suis à la porte de ma mère sans me décider à frapper quand elle ouvre la porte, me regarde et fond en larmes. Celui qui sera toujours mon papa est assis sur sa chaise et hoche la tête en silence.

Dans la diarrhée verbale de maman, j’apprends que mon existence vient de quelques étreintes forcées entre une ado effrayée et son père abuseur, à côté de peluches, symbole d’une enfance oubliée, qui, elles, ne fermaient jamais les yeux.

Ceux de ma mère coulent sans discontinuer depuis une heure. Il est temps de faire un deuil.  

Prenant fermement le bras de ma mère, je la conduis à ma voiture, l’installe, puis me rends au garage, prends un bidon d’essence et emmène le tout chez la cause de ce désastre.

-« Bonjour père ! » Lui lancé-je avec l’essence. Il me regarde ahuri puis, comprenant qui je suis vraiment, s’écroule en pleurant, implorant mon pardon.

Je tends une boîte d’allumette à ma mère puis sors sans dire un mot pendant qu’il se pisse dessus.

J’entends le craquement attendu puis plus rien…quelques pas plus tard, un cri inhumain vient de la maison.  

Que mon père/grand-père vive ou pas, qu’importe, mais que vais-je faire de ma vie en étant plus que le chicot de mon moi d’avant…

 

 

 

 

 

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