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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 16:27

Il était une fois, dans une forêt obscure, une jeune pousse émergeant, par chance, dans une clairière.

Des dizaines d’années plus tard, alors qu’elle était devenue grande, robuste, forte, en un mot arbre, des gens se sont présentés devant elle et se sont mis à l’entailler… « je ne plierais pas » dit l’arbre en les ignorant superbement. Il rompit avec grand fracas, emportant au passage une taupe sortant de son trou qui, sourde de naissance, n’entendit pas le cri bûcheronesque : « craquement !» 

 

Après Arbre, la jeune pousse devint Banc, du moins la petite fille de la 6ème génération de la branche gauche. Les autres furent respectivement table, salle à manger, bureau, livres et, suprême déchéance, prospectus publicitaires.

Séparé de sa famille, le banc se sentit très seule (e car petite fille, je le rappelle) et elle tenta de se rapprocher des autres bancs de son voisinage…malheureusement, l’impossibilité de se déplacer ne favorisait pas les rencontres. Si je ne peux chercher mon amour, l’amour viendra à moi se dit-elle et elle fit tout pour l’attirer.

 

Pendant un temps, il existait dans un certain parc, situé dans une certaine ville, un banc qui, mystérieusement, attirait irrésistiblement humains et animaux…tous y déposaient leurs marques, on y voyait des livres abandonnés et même des traces de dépit de pigeons, obligés de laisser la place. Ce banc rayonnait.

Un jour, un jeune homme s’y assit et le banc trembla…le jeune homme sursauta. Pensant rêver, il n’y fit plus attention mais ce tremblement (ainsi que le sursaut et, bizarrement, pas toujours dans le même ordre) fut là à chaque fois que les fesses du jeune homme touchaient, après plusieurs heures d’abstinences, le point gauche d’une latte du banc particulièrement sensible, familièrement appelée point G par cette dernière.

 

Des années s’écoulèrent et le jeune homme se trouva mille et une excuses pour ne pas déménager de sa ville, de son parc, de son banc…

Puis le banc s’écroula et le jeune homme devint vieux…un jour, sans rien dire à personne, il alla au parc, ramassa le banc, l’amena chez lui, alluma un feu dans sa cheminée et regarda le banc devenir cendres puis le vieil homme s’éteignit, tranquillement, dans la chaleur de son amour. La table vit alors, passant par la cheminée, deux jeunes fumées qui s’élevèrent dans le ciel, elle en devint bancale…

 

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Published by sousmarin - dans Contes
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commentaires

flipperine 21/08/2015 17:25

un joli conte mais un peu triste

Sousmarin 23/08/2015 06:34

Peut être-sont-ils au paradis des amours ignorés ?

Rom 08/10/2011 19:02


Tant de poésie... J'adores !
Bonne continuation
Rom


Sousmarin 08/10/2011 23:54



Tant mieux !


Bonjour et bienvenue.



Moog 16/09/2011 21:19


c'est un très joli conte, sous-marin, et il complète vraiment bien l'ensemble des réponses au défi du jeudi
merci de ta participation


Sousmarin 16/09/2011 23:58



De rien et merci pour ton compliment.


J'affute mes armes bleues pour lundi...



Malika 15/09/2011 14:34


Très belle histoire.


Sousmarin 15/09/2011 19:59



Merci et bienvenue.



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